Résumé

Pour pouvoir améliorer l’efficience de transport d’eau au niveau des séguias en terre dans les périmètres de la Petite et Moyenne Hydraulique au Maroc, la maîtrise du comportement de l’infiltration dans les sols composant ces séguias est une étape incontournable. C’est dans ce sens, que le présent travail s’est consacré à l’étude de l’infiltration au laboratoire sur des échantillons de sol prélevés à partir des séguias Lgdima et Hanabou sises dans le périmètre de Jorf situé dans la province d’Errachidia. Le dispositif expérimental se compose d’éprouvettes en verre contenant les échantillons à tester. Les éprouvettes ont été soumises à une charge constante d’eau durant tous les essais, qui ont consisté en l’enregistrement du temps d’infiltration en fonction de l’avancement du front d’humidification dans les éprouvettes. Tous les échantillons ont subi la même énergie de compactage à sec. Dans toutes les expérimentations, les mesures de l’infiltration ont concerné tout d’abord l’échantillon du sol d’origine non compacté, compacté ensuite mélangé à des fractions d’argile selon des pourcentages allant de 5 à 25% par pas de 5%. Les deux paramètres analysés dans les expérimentations sont le temps d’infiltration de l’eau nécessaire pour traverser entièrement la colonne du sol contenue dans l’éprouvette, et le taux d’infiltration déterminé à partir de la variation des cotes d’avancement du front d’humidification par rapport à la variation du temps d’infiltration. L’objectif de ce papier est de tester l’impact de changement dans les caractéristiques du sol sur le comportement de l’infiltration, tout en gardant constants les autres paramètres tels que la teneur en eau initiale et le degré de compactage. Les résultats ont montré que, dans une première étape de l’expérimentation, la comparaison entre les temps d’infiltration dans le même échantillon non compacté puis compacté, a permis de constater que les deux temps sont dans un rapport supérieur à 2. Ceci montre l’effet du compactage sur le ralentissement du front d’humidification et donc sur celui de l’infiltration. Dans une seconde étape, le temps d’infiltration a été mesuré dans un cas où les deux échantillons d’origine ont été compactés puis mélangés à l’argile suivant les proportions indiquées ci-dessus. Les résultats de ces tests ont indiqué que la variation du temps d’infiltration est une fonction croissante de la fraction d’argile apportée et il se trouve que cette variation est mieux traduite par une loi parabolique de second ordre avec des coefficients de détermination (R2) de 0,972 et 0,983, respectivement, pour les échantillons Lgdima et Hanabou. D’autre part, l’étude de la variation du taux d’infiltration I(t ) en fonction du temps t, a permis d’aboutir dans le cas des deux échantillons, à des courbes dont le type de régression le mieux adapté est une fonction puissance avec un coefficient de détermination (R2) compris entre 0,909 et 0,995. L’équation du taux d’infiltration trouvée est : , a et ß sont des coefficients qui varient d’un échantillon à un autre et d’un essai à un autre.

Mots clés : Infiltration, front d’humidification, fraction d’argile, taux d’infiltration, compactage