Résumé

L’objectif du présent travail est l’étude du comportement de l’infiltration dans deux échantillons de sol prélevés des séguias en terre Lgdima et Hanabou faisant partie du réseau d’irrigation du périmètre Jorf situé dans la province d’Errachidia. Les essais d’infiltration ont été conduits dans des colonnes de sol soumises au même régime d’alimentation hydrique avec une charge d’eau constante, pour des fractions d’argile ajoutées aux échantillons de 10%, 15%, 20% et 25% et pour des teneurs en eau initiales de 0%, 5% et 10%. Durant tous les essais, le temps et la position relatifs au déplacement du front d’humidification dans les colonnes de sol ont été enregistrés. Ce qui a permis de tracer les courbes de variation du taux d’infiltration en fonction du temps, paramétrées en teneur en eau initiale pour les différentes fractions d’argile apportées aux échantillons d’origine. Dans toutes les figures, la variation du taux d’infiltration I(t) en fonction du temps (t), est mieux traduite par une loi de type puissance exprimée par la relation : I(t) = a.t-ß. Les coefficients a et ß reflètent l’effet résultant de la texture du sol et de l’état de sa teneur en eau initiale sur le comportement de l’infiltration. Les différentes courbes obtenues ont montré que le temps mis par le front d’humidification pour traverser la colonne du sol croît avec l’augmentation de la fraction d’argile pour une teneur en eau initiale fixe, et avec l’augmentation de la teneur en eau initiale pour une fraction d’argile donnée. Ces courbes révèlent également que l’augmentation de la teneur en eau initiale est généralement suivie d’une réduction du taux d’infiltration pour atteindre une valeur constante lorsque le temps se prolonge. Cette réduction est beaucoup plus prononcée au début du processus. L’interprétation des courbes a permis aussi de relever que le front d’infiltration progresse plus rapidement au début du processus de l’infiltration dans l’échantillon soumis à une faible teneur en eau initiale que dans celui qui se trouve dans un état plus humide. Ceci nous permet de dire que la réduction de la teneur en eau du sol pourrait résulter en une augmentation notable de la quantité d’eau infiltrée plus particulièrement durant la phase initiale de l’infiltration. On conclut donc, qu’on peut contrôler les pertes par infiltration dans un canal en terre, à travers la maîtrise, en plus d’autres facteurs, de deux paramètres à savoir le taux d’argile qui compose le sol de ce canal et l’état initial de sa teneur en eau. Des valeurs optimales de ces paramètres doivent être déterminées en vue d’éviter les effets adverses, susceptibles d’être engendrés par une teneur en eau et un taux d’argile exagérés à savoir le gonflement et le retrait des argiles, qui résultent en des pertes d’eau excessives. On peut conclure également qu’en pratique, le mode de gestion d’un canal d’irrigation en terre a un impact sur ses pertes en eau particulièrement lorsqu’il est à chaque fois asséché suite à une fréquence de remplissage assez longue.


Mots clés : Infiltration, teneur en eau initiale, fraction d’argile, front d’humidification, pertes par infiltration, gonflement et retrait