Résumé

Cette étude est consacrée à l'examen des tendances et à la variabilité extrême du climat marocain observé au cours des cinq dernières décennies, et aux projections de ces tendances pour les cinq prochaines décennies. Elle vise également à évaluer l'impact potentiel de ces tendances sur les ressources en eau et les menaces qui en découlent. Cinq stations météorologiques représentatives des différents types de climat, ont fait l'objet d'une analyse statistique de leurs indices de températures extrêmes et de leurs précipitations journalières, au cours des quatre saisons de l'année et, ce pendant la période allant de 1960 à 2004. Pour la température, les courbes des indices de changement montrent une tendance à la hausse significative des journées chaudes et une tendance à la baisse significative des journées froides, traduisant un léger réchauffement du climat du Maroc. Tandis que pour les précipitations, les courbes des indices pluviométriques montrent une tendance à la baisse mais non significative, hormis la station d'Oujda, où une tendance significative à la baisse a été enregistrée. L~ logiciel MAGICC/SCENGEN appliqué au scénario d'émission moyen P50 propulsé les variables de température moyennes et des précipitations pour la période 1981 à 2000 et la projection de ces dits paramètres météorologiques jusqu'en 2050. Les résultats statistiques confirment une nette tendance au réchauffement (1, 7 et 2,6 °C) pour la température, tandis qu'une réduction significative est enregistrée dans le cas des précipitations (15 à 22 % dans le Nord-Est, 9 à 16 % dans le Sud), traduisant une transition du climat semiaride vers le nord du Maroc. Le réchauffement climatique et la diminution des précipitations enregistrés, ont engendré un déficit de 20 % dans les apports des barrages entre 1940 et 2005 et que ce déficit est sensé se poursuivre pour atteindre 21,3 % à l'horizon 2050. La région septentrionale du Maroc serait la plus touchée enregistrant une perte de 4200 à 6500 ha de surfaces irriguées. Il en résulte une baisse substantielle de la production agricole, ce qui constituerait une menace dans la sécurité alimentaire de la population locale de cette région.


Mots clés : Evénements extrêmes, température, précipitation, projection, ressources en eau, agriculture, biodiversité, Maroc