Résumé

Au Maroc, l’envasement des barrages représente un problème épineux pour l’état. La valeur annuelle totale d’envasement est estimée à 75 millions de m3. L’un des réservoirs stratégiques qui connait cette problématique sérieuse est le barrage de Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi (MBAK). Alimenté par le bassin versant du Nékor et mis en eau en 1981, celui-ci constitue l’unique source d’eau pour la ville d’Al Hoceima et les centres urbains avoisinants (Imzouren, Béni Bouayach, etc.). Vu l’état de ravinement très avancé, le déficit hydrique des sols, la quasi-absence du couvert végétal et la brutalité des crues dans le bassin versant Nékor, le barrage MBAK s’envase à un rythme préjudiciable pour sa durée de vie. Ainsi, et depuis 1976, l’état a entrepris plusieurs aménagements d’origine multisectorielle (département d’hydraulique, eaux et forêts, agriculture, équipement) afin d’assurer la conservation du capital «eau-sol» et protéger le barrage MBAK. La présente étude vise à reconstituer les données historiques et dresser un diagnostic des travaux antiérosifs réalisés par les services de l’État. Concernant les traitements mécaniques, le diagnostic se base sur la comparaison entre l’état initial et l’état actuel de 19 barrages de sédimentation sur un total de 21 existants. Quant aux traitements biologiques, 12 placettes établies sur 4 périmètres de reboisement ont été prospectées en déterminant la hauteur dominante, la densité et l’état sanitaire des plantations (Pin d’Alep, Pin Maritime et Eucalyptus torquata). L’efficacité des aménagements antiérosifs a été évaluée à l’aide de plusieurs indicateurs basés principalement sur des observations de terrain comme l’état des structures par rapport au profil original, le taux de réussite des plantations ou l’état actuel des arbres. Bien que l’État ait beaucoup investi dans la réalisation de ces aménagements, les résultats attendus en matière de rétention de sédiments et de réduction de l’envasement n’ont pas été satisfaisants. En effet, la quasi-totalité des seuils de sédimentation ne jouent plus leur rôle, car la majorité d’entre eux ont totalement ou partiellement été emportés par les premières crues. Quant aux reboisements, et malgré un taux de réussite dépassant généralement les 50 %, une partie importante des arbres est infectée par différents agents pathogènes, ce qui entraine leur dépérissement.


Mots clés: Bassin versant Nékor, barrage Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi, Érosion hydrique, Envasement, Aménagements, Évaluation, Rif, Maroc