Résumé

La plupart des stocks de poissons sont actuellement menacés par la surpêche et la mauvaise gouvernance. La défaillance managériale des pêcheries a des répercussions négatives sur la valorisation de ces ressources et leur durabilité. L’échec ou l’imperfection de coordination sont parmi les raisons de cette situation. L’objectif de cette étude est d’élucider les problèmes liés à la coordination dans la pêcherie poulpière en insistant sur les effets des «anti-commons» en tant que principale raison de l’échec de coordination. Les «anti-commons» font référence à l’ensemble des connaissances et expertises partagées entre plusieurs preneurs des décisions, dispersés et mal connectés. Nous avons utilisé le modèle des «anti-commons» développé par Driouchi et Malki (2011). La majorité des paramètres estimés sont différents de zéro au seuil de 1% et 5%. L’estimation de la variation conjecturale et de l’indice de Lerner ont permis de constater que le marché du poulpe est un marché oligopolistique imparfait confirmant la prévalence des effets des «anti-commons». La pêcherie poulpière est caractérisée par une forte concentration de l’offre dans les mains d’un nombre restreint d’opérateurs qui sont propriétaires d’un nombre élevé de bateaux. Ceux-ci ont réussi à imposer leurs décisions en matière de gestion de cette pêcherie.


Mots clés: «Anti-commons», coordination, pêcheries, poulpe, management, marché, collusion