Résumé

La présente étude évalue l’impact du revenu agricole sur le niveau de vie socio-économique des paysans. L’enquête a été réalisée auprès de 40 personnes (15 femmes et 25 hommes). Il ressort de cette étude que la taille moyenne des ménages agricoles est de 10,47 personnes avec une marge bénéficiaire de 464,32 dollars ; L’affectation des revenus dans le secteur agricole n’est que de 0,43% soit 2,39 dollars en moyenne par ménage tandis que l’alimentation rafle 85,44% du budget familial, la scolarité quant à elle, 29,45% ; l’habillement 25,10%, le loisir, 18,11% et les soins médicaux, 4,99% du revenu. En outre, les revenus générés par l’activité agricole et le montant réinvesti dans l’agriculture ne sont pas de nature à favoriser l’essor de l’agriculture dans le milieu rural de Bosobolo. Par ailleurs, l’on constate qu’un ménage agricole de Bosobolo produit en moyenne 3227,63 Kg de manioc, 656,63 Kg de Paddy, 528,33 Kg de Banane, 419 Kg de Maïs, 91,13 Kg d’ Arachide, 33,03 Kg de Tomate, 18,43 Kg de Haricot et 10,78 Kg de Soja. La faiblesse du revenu agricole s’explique par la faible production agricole due à la dégénérescence des semences, aux pratiques culturales traditionnelles, à l’absence d’encadrement technique des agriculteurs, au manque de débouché et à l’état de délabrement très avancé des infrastructures routières. Par ailleurs, le faible réinvestissement du revenu issu de l’agriculture est un véritable frein au développement agricole du secteur de Bosobolo. Il est ainsi important que le pouvoir public et les organismes internationaux repensent les politiques d’aide au développement agricole afin de les orienter prioritairement vers l’agriculture paysanne. Ceci, en ciblant la réhabilitation des centres de production des semences et des géniteurs; la vulgarisation des bonnes pratiques culturales et la construction des routes de desserte agricole. Il est aussi souhaitable que les paysans élargissent leur activité agricole à la culture des plantes médicinales et aromatiques d’intérêt biopharmaceutique en vue de leur exportation. Ceci permettra ainsi de développer une agriculture paysanne raisonnée, multifonctionnelle et durable dans la province du Nord-Ubangi.


Mots clés: Pauvreté, politique agricole, développement économique, agriculture raisonnée, multifonctionnelle et durable, Nord-Ubangi