Résumé

Le feu bactérien, causé par Erwinia amylovora, est l'une des principales menaces économiques pesant sur les zones de production de poires et de pommiers dans le monde. Au Maroc, cette bactérie dévastatrice a été détectée pour la première fois en 2006 dans des plantations de poiriers dans le district d'Ain Orma, dans la région de Meknès. Depuis lors, l'agent pathogène s'est progressivement répandu dans différentes régions de production de poires, de pommes et de coings, entraînant d'importantes pertes. En conséquence, plus de 2311,96 hectares de vergers de poiriers, de coings et de pommiers ont été éradiqués en 2013. La situation a été décrite comme un désastre économique jamais vu auparavant dans le pays. Actuellement, la région du Moyen Atlas, fief de la production de rosacées au Maroc, a été entièrement touchée par cette maladie. Suite à l’apparition de la bactérie, plusieurs approches comprenant des traits morphologiques, physiologiques, biochimiques, sérologiques et moléculaires ont été entreprises pour la détection et l’identification précoces de E. amylovora. Dans cette revue, nous discutons des mesures rigoureuses prises par les autorités marocaines pour surmonter l'épidémie de feu bactérien, qui comprend l'éradication complète des vergers commerciaux et des arbres individuels infectés. Par conséquent, le taux d'incidence de la maladie était réduit et la zone infectée restreinte. En outre, au cours des 10 dernières années, des études approfondies sur la diversité et l’origine des souches de bactéries ont été effectuées à l’aide de différentes méthodes; RFLP, RAPD, rep-PCR, fAFLP, VNTR et tests biochimiques. Ces dernières années, avec l'utilisation de cultivars tolérants, les recherches ont pour objectif de développer une stratégie de lutte efficace et fiable pour lutter contre le feu bactérien dans le cadre d'une approche intégrée.


Mots-clés: Erwinia amylovora, Maroc, détection, diversité et pertes économiques