Résumé

Au Maroc, des sols naturellement suppressifs à la maladie de Bayoud du palmier dattier ont été découverts depuis longtemps. Bien que la suppression ait été attribuée aux activités biologiques de microbes indigènes, nos connaissances sur les mécanismes spécifiques à la base de cette propriété restent limitées. Dans cette étude, nous avons étudié la compétition sur les nutriments entre Fusarium oxyxporum f. sp. albedinis, l'agent causal de la maladie de Bayoud, et les Fusarium saprophytes en tant que facteur de suppression/favorisation de la maladie dans des sols suppressifs et propices. La croissance d’isolats pathogènes et saprophytes de Fusarium à partir de sols suppressif et favorable sur 95 sources de carbone a été évaluée. Les isolats de Fusarium ont présenté des profils d'utilisation des éléments nutritifs distincts et ont varié de manière significative avec le sol dans l'utilisation du carbone. Les isolats du sol suppressif ont montré la plus grande efficacité d’utilisation des ressources, suivis des isolats pathogènes dont la croissance était nettement supérieure à celle des isolats du sol propice. Les données sur le chevauchement des niches d'éléments nutritifs ont montré que l'agent pathogène est très concurrencé par les populations de Fusarium saprophytes dans le sol suppressif et dépasse ceux dans le sol favorable. Globalement, nos résultats fournissent des informations précieuses sur le rôle de la concurrence pour les ressources en carbone entre les communautés de Fusarium pathogènes et saprophytes en tant que facteur déterminant de la suppressivité/sensibilité de sol. Cette découverte peut également ouvrir de nouvelles voies de recherche et offre des opportunités pour le développement de techniques de biocontrôle contre le Bayoud dans les palmeraies marocaines.


Mots-clés : Palmier dattier, maladie de Bayoud, compétition pour les nutriments, suppression de maladie